PRAGUE

L'histoire des calendriers

Le calendrier : un ancrage temporel nécessaire aux Hommes

Grâce aux calendriers, l’Homme a toujours su se repérer, notamment pour les échéances agricoles indispensables. Le calendrier représente un outil nécessaire dont aucune personne ne pourrait se passer. Il est donc intéressant de voir à travers cet article comment ces derniers ont évolués, dans quel sens, grâce à qui, et pourquoi. Suite à de nombreuses modifications, nous sommes arrivés au calendrier grégorien que nous connaissons aujourd’hui. Bien qu’imparfait, il représente de nos jours le calendrier le plus complet que nous connaissons.

Les premiers calendriers

Aussi loin que le temps remonte, les Hommes ont toujours eu besoin de se situer dans le temps et l’espace. Tout d’abord indispensable pour l’agriculture, les repères temporels ont ensuite eus de multiples utilités et notamment pour la planification d’événements culturels et religieux.

Du calendrier romain au calendrier grégorien en passant par le calendrier julien ou encore le calendrier lunaire, de multiples outils de repérage temporels ont vus le jour au fil du temps.

Le premier calendrier connu date d’il y a environ 10 000 ans. Découvert en Ecosse en 2013, ce calendrier a été découvert dans un champ de la région de l’Aberdeenshire, dans le nord du pays. Ce dernier fonctionnait selon le mouvement de la lune. En effet, les fouillent ont permis de mettre au jour 12 trous qui semblent correspondre aux phases de la lune et au parcours des mois lunaires. Conçu par des chasseurs cueilleurs, ce calendrier montre que la notion de temps a toujours été un enjeu primordial pour les Hommes.

Viennent ensuite les cités babyloniennes, au IIIe millénaire avant J.C, qui ont, à l’instar des Celtes en Ecosse, appliqué un calendrier lunaire. Ce dernier correspondait aux mouvements de la Lune. Il s’agissait donc tout bonnement d’un calendrier lunaire, composé de 12 mois de 29 ou 30 jours.

Il faudra attendre l’avènement de la civilisation égyptienne pour voir apparaitre le premier calendrier basé sur les mouvements du soleil. Ce calendrier solaire était composé de 365 jours divisés en 12 mois de 30 jours chacun, où il fallait donc rajouter 5 jours à certains mois.

Seule chose à ne pas évoluer : une journée dure 24 heures. Par exemple les jours du mois mars et ceux du mois d’avril ont la même durée.

Le calendrier romain

Au cours de leur grande période de domination du monde connu, les romains ont mis en place leur propre calendrier. Le premier calendrier romain a vu le jour au cours du VIIe siècle avant J.C. Tout d’abord basé sur le cycle lunaire, le calendrier romuléen se composait de 10 mois pour un total de 304 jours. L’année commençait alors par le mois de mars et se finissait au mois de décembre.

Ce ne fut que plus tard que les mois de janvier et février furent ajoutés au calendrier. Plus précisément avec la mise en place du calendrier pompilien. Réforme du calendrier romuléen, il compte 50 jours de plus que son prédécesseur. Divisé en 12 mois, ce calendrier comptait alors 354 ou 355 jours par an. Dans le but de rattraper l’année solaire, tous les huit ans était rajouté un 13e mois comptant 22 ou 23 jours ce qui portait l’année à 377 ou 378 jours. Cette particularité faisant des romains les premiers à utiliser des calendriers luni solaires.

Le calendrier julien

En 46 avant J.C, Jules César suit les conseils de son astronome grec Sosigène réforme ce système et met en place un nouveau calendrier. Ce dernier sera connu sous le nom de calendrier julien en référence à son promoteur. Ce calendrier apporte de nombreuses nouveautés. Ainsi, les mois de janvier et février sont ajoutés pour construire un calendrier autour de 12 mois et 365 jours. De plus, le début de l’année est fixé au 1er janvier (fixé au 1er mars jusqu’alors). Ayant conscience qu’une année  compte en réalité 365,25 jours, ce calendrier est le premier à faire apparaitre le système d’année bissextile. De fait, tous les 4 ans le 24 février est compté deux fois.

Le calendrier julien reste en place durant tout le Moyen Age. Malgré tout, l’Eglise décide de faire débuter le calendrier à la naissance du Christ (aujourd’hui, toute la planète est soumise à ce décompte).

Voici les mois de l’année sous l’empire romain :

 

  • 1 Januarius : 31 jours
  • 2 Februarius : 29 ou 30 jours
  • 3 Martius : 31 jours
  • 4 Aprilis : 30 jours
  • 5 Maïus : 31 jours
  • 6 Junius : 30 jours
  • 7 Julius : 31 jours
  • 8 Sextilis : 30 jours
  • 9 September : 31 jours
  • 10 October : 30 jours
  • 11 November : 31 jours
  • 12 December : 30 jours

Sous Constantin Ier le Grand (306-337), à une époque où le christianisme monte en puissance, il est impératif pour l’Eglise de définir une date fixe pour la fête de Pâques. Cette fête célèbre la résurrection du Christ. Le problème de cette fête réside tout d’abord dans le fait que les juifs possèdent déjà une fête de Pâques qui se déroule sensiblement au même moment. De plus, au sein de l’Eglise chrétienne de l’époque, tout le monde n’est pas d’accord sur l’événement à célébrer : la mort ou la résurrection du Christ ? Selon l’événement il ne s’agit pas de la même date. Rome décide dès le IIe siècle après J.C, de célébrer la résurrection.

C’est au Concile de Nicée (actuelle Turquie) qu’à lieu une réunion d’environ 300 Pères de l’Église chrétienne afin de déterminer cette date. Aucune date précise n’est déterminée, mais une règle permet de fixer la fête dans le calendrier chaque année : Pâques est célébrée le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après. De cette règle se dégage trois ingrédients nécessaires à la tenue d’une bonne Pâques :

  • Que ce soit un dimanche
  • Qu’il y ait une pleine lune
  • Que la fête ait lieu à une équinoxe (le 21 mars)

 

A noter que cette règle existait déjà avant le Concile de Nicée. Ce dernier a simplement permit de trancher et de faire de cette règle la norme pour tous les chrétiens.

Le calendrier grégorien

C’est à la Renaissance que tout est remis en question. En effet, les astronomes se rendent compte d’une erreur : l’année calendaire alors en place dépasse l’année solaire de 11 minutes et 14 secondes. Et depuis la mise en place du calendrier julien le cumul de cet écart est d’environ une dizaine de jours.

A la suite de cette observation menée par les astronomes de l’époque, c’est le pape Grégoire XIII qui prend la décision de réformer le calendrier en 1582. Pour annuler l’écart avec les années solaires, il est alors décidé de supprimer 10 jours lors de l’année 1582. Ainsi, le jeudi 4 octobre eu pour lendemain le vendredi 15 octobre. En France, cette suppression de 10 jours a pris effet sous le règne de Henri III au cours du mois de décembre de la même année (le dimanche 9 décembre 1582 est ainsi la veille du lundi 20 décembre 1582). Le pape Grégoire XIII annonce également la suppression de 3 années bissextiles en 4 siècles. De fait, seules les années séculaires (année dont le millésime se termine par deux zéros, comme 1800 ou 1900) dont le millésime est divisible par 400 restent bissextiles.

Exemple : les années 1700, 1800 et 1900 ne sont pas bissextiles, mais l’année 2000 est bien bissextile car divisible par 400. De même 2100, 2200 et 2300 ne seront pas bissextiles, au contraire de 2400.

Cette réforme permet de donner à une année grégorienne une moyenne de 365,242 5 jours contre 365,242 189 8 jours pour une année tropique. Grâce à la règle prononcée par Grégoire XIII, cet écart est égal à 3 jours cumulés sur une période de 10 000 ans.

A noter que la réforme Grégorienne n’eue pas lieu en même temps dans tous les pays. En effet, cette réforme voulue par le pape de l’Eglise catholique ne plut pas à l’ensemble des pays en fonction de leur religion.

Le calendrier républicain

A la suite du mouvement de déchristianisation enclenché par la révolution française, un nouveau calendrier s’éloignant de l’Eglise catholique et se rapprochant des valeurs républicaines voit le jour. Initié par les révolutionnaires, il fut officiellement institué le 24 octobre 1793. Ce calendrier républicain est composé de 12 mois de 30 jours divisés en 3 décades de 10 jours (qui remplacent la semaine) auxquels ont ajoute 5 ou 6 jours afin de donnée à l’année un moyenne de 365,25 jours.

Ce calendrier restera en place jusqu’en 1805. En effet, Napoléon l’aboli en décembre de cette même année pour restaurer le calendrier grégorien le 1er janvier 1806.

Et de nos jours ?

Aujourd’hui, le calendrier actuellement utilisé en France est le même qu’utilisé presque partout dans le monde. Il s’agit d’un calendrier grégorien comptant 365 jours par an. Tous les 4 ans, on en compte toutefois 366, le mois de février compte 29 jours afin de récupérer les 0,25 jours laissés de côtés au cours des trois années précédentes. Les prochaines années bissextiles seront 2020, 2024, 2028, 2032, etc.

La règle évoquée plus haut concernant la date de Pâques reste aujourd’hui encore en vigueur.

 

Aujourd’hui nos calendriers sont donc basés sur la culture chrétienne, comme en atteste la présence des saints, la célébration de fêtes religieuses comme Pâques ou Noël (qui a bien une origine religieuse), ou bien encore l’année de départ de notre calendrier qui est marquée par la naissance du Christ.

 

On peut distinguer 3 types de calendriers :

Le calendrier lunaire : la lune est le premier repère qui a servi à la construction d’un calendrier. Il se base sur l’observation des différentes phases du satellite de la Terre. Très populaire durant l’antiquité, il a peu à peu laissé sa place au calendrier solaire.

Le calendrier solaire : initié puis affiné au fil du temps par les observations des astronomes, le calendrier solaire s’est aujourd’hui imposé comme la référence au niveau mondial, notamment grâce à la large diffusion du calendrier grégorien.

Le calendrier luni-solaire : comme son nom l’indique, ce calendrier se base à la fois sur les cycles de la lune et ceux du soleil. Ainsi, un calendrier luni-solaire utilise le cycle annuel du soleil pour le décompte de l’année, et sur le cycle régulier des différentes phases de la lune pour le décompte des mois.

Ces trois types de calendriers ont ensuite permis à différentes civilisations de créer leur propre calendrier (julien, grégorien, etc.).

Pour en savoir plus sur les différents types de calendriers.